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Qui sommes-nous? Des étudiants qui luttent pour une université plus égalitaire, pour un meilleur enseignement, et pour également combattre les projets de lois actuels qui entravent la liberté de chacun.

Sur ce site vous trouverez de multiples sections abordant les domaines dont nous nous occupons. Bonne visite et n'hésitez pas à laisser des commentaires.

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23/10/2009

Réponse ouverte à l’INVITATION DE LA MINISTRE VALERIE PECRESSE aux lauréats du Conseil Européen de la Recherche (ERC), le 22 OCTOBRE

par Borís BURLE, le 15 oct. 2009

Madame la Ministre,

Je vous remercie de votre invitation à participer au cocktail que vous organisez en l’honneur des lauréats du Conseil Européen de la Recherche (European Research Council, ERC), et qui aura lieu le 22 octobre.

Je ne participerai pas à ce cocktail dont un des objectif est manifestement de célébrer les "arbres qui cachent la forêt", alors même que les réformes que vous mettez en œuvre déciment les arbres de ces mêmes forêts. Comment célébrer la qualité de la recherche française quand les discours officiels méprisent ouvertement les chercheurs ? Si vous croyez, madame la Ministre, que la recherche n’avance que grâce à un nombre limité de chercheurs "excellents", j’ai le regret de vous dire que vous vous trompez : la recherche est, par essence, une œuvre collective, de longue haleine, dans laquelle tous les acteurs jouent un rôle fondamental, du technicien au chercheur primé. Le gouvernement auquel vous participez, et vous même, défendez une conception très hiérarchique, pyramidale de l’organisation de la recherche, où seuls ceux qui sont au sommet de la pyramide ont droit de cité. Il est facile de voir que même ceux qui, selon cette conception que je conteste, se tiennent au sommet de la pyramide n’y sont maintenus que par la masse de ceux qui sont au dessous, les "médiocres" (puisque non excellents) d’après vos critères. Supprimez ces "médiocres", et toute votre pyramide s’écroule, précipitant à terre les "excellents".

Depuis des siècles, les scientifiques se définissent comme des ``pairs’’, c’est-à-dire des égaux, et la notion de hiérarchie, avec des "bons" et des "mauvais", n’a jamais fait partie du vocabulaire académique. C’est bien la sphère politique qui a introduit ces conceptions dans le monde de la recherche afin d’y appliquer un mode de gestion managerial et entreprenarial. Mais la recherche n’est pas, et ne doit pas devenir, une entreprise, car elle a pour but, non le profit, mais l’avancée de la connaissance pour le bien de l’Humanité.

Il me semble, Madame la Ministre, que vous, et bien d’autres au gouvernement, confondez les concepts d’excellence et d’élitisme. Il ne fait aucun doute, ni pour moi, ni pour l’immense majorité de mes collègues, que la recherche scientifique doit viser l’excellence, ne serait-ce que parce que nous sommes financés par des fonds publics issus de l’impôt, et que, plus que tout autre encore, cet argent doit être utilisé à bon escient pour de la recherche de haut niveau. D’ailleurs, et contrairement aux discours officiels, la recherche française n’a pas à rougir de sa qualité : l’exemple des "ERC Starting Grants" que vous voulez célébrer est de ce point de vue très informatif : la France se classe 2ème au niveau européen en terme de lauréats sur l’ensemble des disciplines, et première en sciences de la vie. Qui disait, le 22 janvier dernier, que la recherche française était de mauvaise qualité ? Les experts européens disent en tous cas clairement le contraire.

Mais ce n’est pas l’excellence qui est promue aujourd’hui, c’est bien l’élitisme, ce qui est très différent. Dans cette conception élitiste, on fixe, arbitrairement, que seul un certain pourcentage de projets (ou de chercheurs, ou d’équipes etc...) doit être soutenu et financé. Qu’importe que ceux qui se trouvent juste en dessous de la barre soient, eux aussi, "excellents" : ils ne sont pas assez excellents (vous m’accorderez que ce concept "d’excellents mais pas assez" est pour le moins "étrange") pour recevoir les lauriers de la gloire. Ils resteront donc sans financement, ou quasiment, et ne seront pas invités à vos "cocktails" de félicitations. Combien de projets de recherche, excellents, ont ainsi été retardés, voire abandonnés, faute de moyens ?

Vous comprendrez donc, Madame la Ministre, que je ne peux pas accepter de jouer, pour vous, la vitrine étincelante d’une recherche que vos réformes méprisent. Je n’accepte pas que soit utilisée ma réussite, ponctuelle, pour faire oublier que la recherche française est mise à mal. Je ne peux accepter d’être utilisé pour promouvoir un élitisme qui entrave le développement de bon nombre de chercheurs et de projets excellents.

Cordialement,

Boris BURLE, Lauréat ERC Starting Grant, Chercheur CNRS en Lutte, dans un Laboratoire en Lutte

******

Dans le cadre des lauréats 2009 du Conseil européen de la recherche,

Valérie Pécresse Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vous prie de bien vouloir assister au cocktail qui aura lieu le 22 octobre 2009 à 19 heures en salle Hubert Curien

21 rue Descartes – 75231 Paris Cedex 05 Philippe ROSSINOT Cabinet de la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

RSVP

13/10/2009

Une cagnotte pour les lycéens qui ne sèchent plus les cours C’est la nouvelle idée contre l’absentéisme scolaire.





Va-t-on bientôt payer les élèves pour qu’ils aillent en ? La Grande-Bretagne a déjà franchi le pas. Depuis 2008, les 16-18 ans issus de familles démunies sont « encouragés » à aller à l’école, moyennant salaire hebdomadaire et prime annuelle.

La n’y est pas encore. Mais à partir de lundi, l’académie de Créteil se lance dans l’incitation financière collective. Dans trois lycées professionnels, une « cagnotte » de 2 000 € va être allouée à deux classes : les élèves devront s’y fixer un objectif d’assiduité. S’il est rempli, la classe pourra s’offrir en fin d’année un voyage ou le Code de la route… pour un montant de 10 000 maximum.

Beaucoup de gens perplexes

Si cette expérience inédite se révèle concluante, le rectorat l’étendra à la moitié des lycées professionnels de l’académie. Avant généralisation ? Pour lutter contre l’absentéisme, qui décime chaque année les classes, surtout dans la voie professionnelle, on a déjà tenté beaucoup de remèdes. La prévention. La sanction, jusqu’à la suspension des allocations familiales, prévue par les textes, mais jamais appliquée.
En tournée avec Martin Hirsch, Luc Chatel et Nicolas Sarkozy ont fait de la lutte contre le décrochage scolaire leur cheval de bataille.
Au bout de l’école buissonnière, il y a le décrochage, complet, qui fait que, chaque année, quand d’autres fêtent leur bac, 120 000 à 150 000 jeunes tournent le dos aux études, sans rien dans les mains. Après le temps du bâton, voici venu celui de la carotte. « Le remède ne résout pas le problème : celui de la relation distendue des enfants aux études ! » juge le sociologue François Dubet. Secrétaire général de la Fédération des parents d’élèves (FCPE), Jean-Jacques Hazan doute des règles d’un jeu jugé dangereux. « Acheter la présence des élèves par une récompense ne va pas dans le sens du respect. Je doute que ce genre de marché fasse longtemps effet. »




http://www.leparisien.fr/societe/une-cagnotte-pour-les-lyceens-qui-ne-sechent-plus-les-cours-02-10-2009-659222.php

08/10/2009

Bordeaux en pleine LRU : des universités à deux vitesses

Ce jeudi 8 octobre, les enseignants de droit public de Bordeaux IV décideront s’ils valident la création d’une fillière d’excellence en première année. Des discussions du même cru sont aussi en cours en droit privé. Voilà qui ferait de la fac bordelaise de droit, sciences économiques et gestion (15 000 étudiants) la deuxième université à lancer un « collège de droit », parcours premium pour bons élèves fléchés dès les résultats du bac.

C’est Assas (Paris II), qui avait ouvert le bal, à la dernière rentrée. Dans une grande discrétion : il y avait à peine plus de candidats que de places au « collège de droit » (120). Concrètement, il s’agit de 130 heures de cours de plus par an pour ces étudiants triés sur le volet. Explications de Manuel Miler, au service communication de Paris II :

« Nous n’avions pas fait beaucoup de publicité. C’est nous qui avions contacté un par un les étudiants qui s’inscrivaient chez nous après avoir obtenu mention Très Bien au bac. Cette année, c’est pareil, mais les mentions Bien qui voudraient candidater devront passer un test pour évaluer leur intiution juridique et leur logique. »

Pourquoi un numérus clausus de 120, soit moins de 5% d’une promotion de première année ? « Parce que nous voulions quatre groupes de trente, tout simplement. »

« Le contraire de l’enseignement de masse »

Evidemment, il est tenant d’y voir une ambition très élitiste. Procès d’intention ? Pas franchement puisque le chargé de communication lui-même tient à préciser :

« Le but, c’était vraiment de faire tout le contraire de l’enseignement de masse traditionnel. Quelque chose de très anglo-saxon, en fait. »

Cette université à deux vitesses, accessible pour les meilleurs éléments repérés sur leur moyenne au bac pourvu qu’ils soient à même de débourser 200 euros par an en plus des frais d’inscription, c’est précisément ce que dénoncent les juristes qui commencent à monter au créneau.

La première à avoir réagi publiquement, c’est Mireille Poirier, maître de conférences en droit privé à Bordeaux, qui signait le 22 septembre une tribune dans L’Humanité. Pour dénoncer notamment un surcroît de concurrence entre étudiants et entre facs. Et un début de « privatisation des diplômes ».

Haro sur la tradition

Côté institutions, le but affiché est de pousser le niveau des universités hexagonales, quitte à braver la tradition d’égalité d’accès à la formation. Dans une interview à la revue « La semaine juridique », en novembre 2008, Louis Vogel, président de Paris II, ne cachait pas son intention de faire de la nouvelle fillière d’Assas « une grande école du droit » :

« Dans un monde concurrentiel, il faut jouer de ses atouts. La stratégie d’Assas -notamment par rapport à des établissements comme Sciences-Po, HEC, l’Essec- c’est de faire valoir ce en quoi notre université est excellente, bien meilleure que tous ces rivaux. »

Un peu plus loin, le patron d’Assas compare l’objectif de sa fac à « Cambridge, Oxford, Harvard ». Or, pour Julien Giudicelli, un des signataires de « l’appel des juristes » qui a éventé la chose, c’est « inacceptable », quand on sait déjà que moins d’un étudiant de première année sur trois parvient déjà à valider son année - « et encore, le taux de réussite a déjà considérablement augmenté depuis la réforme LMD !

“Filière pour happy few”

Maître de conférences en droit public, il est résolument contre ce qu’il appelle “une filière pour happy few” qui ressemblerait d’un peu trop près aux grandes écoles. Et d’autant plus inquiet qu’il a été convoqué à la réunion de jeudi matin “pour entériner la chose alors même qu’on n’a pas discuté des contenus”.

Joint par Rue89, il raconte avoir eu déjà plusieurs prises de bec avec ses collègues enseignants, dans une fac qui compte près de 250 titulaires “et qui reste très conservatrice comme beaucoup de facs de droit”.

Au sein de la même fac, Guillaume Wicker, professeur de droit privé, est, a contrario, un des défenseurs du projet pour Bordeaux IV. Ce dernier argue (comme Vogel à Assas) que c’est l’exode vers les écoles de commerce et les instituts d’études politiques qui justifie cette nouvelle philosophie.

Lui qui parle de “concurrence contre les universités” plus qu’entre elles, pointe en outre un déficit d’image tout à fait spécifique :

On a aujourd’hui un problème de recrutement de nos étudiants. Un certain nombre de bacheliers des classes les plus aisées commencent à déserter, même dans les facultés de droit. Au point qu’on a un vrai souci de mixité sociale aujourd’hui.

L’idée est donc de proposer aux étudiants un parcours renforcé afin de dire aux parents qu’on est capable de former les meilleurs au meilleur niveau, contrairement à la massification de l’université.

Financement et numérus clausus encore en pourparlers à Bordeaux

A ceux qui dénoncent une sélection par l’argent, Guillaume Wicker répond que “rien n’est encore acté” et que les crédits alloués au fond de réussite en licence (qui sert pour l’heure à payer le soutien aux étudiants en difficulté) pourraient être utilisés.

Quant au numérus clausus, il fait toujours débat à Bordeaux IV, où même les partisans de la future “école de droit” s’affrontent entre tenants d’un contingent ultra réduit (50 à 80 étudiants pour environ 2000 étudiants en première année) et partisans d’une simple liste de critères sans effectif prédéfini.

Une seule chose de certaine, pour l’heure : contrairement à Assas, Bordeaux IV ne trierait pas ses étudiants premium en fonction des notes au bac mais au terme du premier semestre de première année.

En droit, Aix, Toulouse et plusieurs universités en région parisienne seraient déjà sur la rampe de lancement. Mais les universitaires contactés par Rue89 craignent une “contamination” à d’autres disciplines.

Articles et Analyses des réformes et lois

Vous trouverez ici un récapitulatif des analyses des réformes et des lois, ainsi que des articles concernant les projets gouvernementaux visant à détruire l'éducation nationale.

01/12/2008

4 pages sur les réformes Pécresse

Introduction :

La réforme de l'enseignement supérieur, amorcée il y a dix ans dans le
cadre européen, est finalisée par le gouvernement en place par une série de
lois et de plans qui touchent aujourd'hui tous les acteurs de l'université. Les
entreprises sont entrées dans les facultés et y ont un pouvoir considérable.
Dans une logique de rentabilité de la formation et de rapprochement
public/privé, l'université se métamorphose en un centre de formation professionnelle destiné à créer une main d'oeuvre disponible, docile et bon-marché à disposition des entreprises. Cette logique transforme peu à peu l'université : cela se traduit par un appauvrissement du contenu des cours, la contractualisation des personnels, la suppression d'un très grand nombre de postes, le désengagement financier de l'État...

Face au silence des médias et à la perfidie institutionnelle, nous n'avons d'autre choix que de
nous informer par nous-mêmes.

Qu'est-ce qu'une AG??

Une assemblée générale est avant tout un lieu d'information et de débats. On y décrypte l'actualité, les décisions gouvernementales, les nouvelles lois. Elles sont pour tous et ouvertes à tous. Elles permettent l'unicité et l'ouverture entre secteurs(c'est le lieu de rencontre entre étudiants et le corps universitaire).
C'est également l'occasion donnée à chacun de défendre opinion et point de vue.
L'assemblée générale existe uniquement quand les gens qui la composent se réunissent.
Ce n'est pas la prise du pouvoir du groupe sur l'individu mais bien une prise de décision commune issue de la confrontation des opinions individuelles qui donne naissance au groupe. En ce sens, l'assemblée générale n'existe que par et pour les gens qui la composent.. Elle est à la fois libre et souveraine. Elle est critiquable et remaniable à volonté

Qu'est que ce que l'on en fait??

La LRU

dans la mesure où La Loi Relative aux Libertés et Responsabilités des Universités, a été adoptée le 10 aout 2007 en plein été, empêchant ainsi toute discussion ou contestation immédiate. Sa mise en application se traduit par différents changements au sein de l'université.

Tout d'abord, le désengagement financier de l'État, qui amène les universités à se tourner vers d’autres sources de financement : l’augmentation des frais d’inscription et les partenariats avec des entreprises privées.
Elles disposent en retour d'un droit de regard sur le contenu pédagogique enseigné dans les filières qu'elles financent, ainsi que sur les orientations des recherches. Comment effectuer un travail de recherche objectif et indépendant sur les dangers du nucléaire au sein d’une filière « sponsorisée » par EDF ? L'enseignement dispensé sera un apprentissage destiné à fournir rapidement une main-d’oeuvre répondant aux besoins immédiats de l’entreprise.

D’autre part, de profondes modifications ont eu lieu au niveau des conseils centraux. Le Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CEVU), ainsi que le Conseil Scientifique (CS), perdent tout rôle décisionnel.
De même, les commissions de spécialistes, formées d'experts en une discipline, élus au sein des enseignants chercheurs, chargées de se prononcer sur le recrutement des nouveaux enseignants, sont évincées au profit d'un comité de sélection dont les membres sont nommés par le président. La seule instance décisionnelle qui demeure est le Conseil d'Administration (CA) dont la composition a été remaniée : augmentation du nombre de personnalités extérieures à l’université (nommées par le président) et diminution du nombre d’élus étudiants.
Les pouvoirs du président sont nettement accrus : son mandat devient renouvelable, il nomme les jurys, affecte les personnels, ordonne les recettes et dépenses et peut opposer son véto au recrutement d'un enseignant chercheur. Le président devient un PDG chargé de gérer au mieux « son » université. Au cours de l'année 2007, le ministère de l'enseignement supérieur a publié un rapport développant la mise en application de sa réforme

Concernant les licences: le plan pluriannuel pour la réussite en licence.

La nouvelle mission de l'université est de «favoriser l'orientation et l'insertion professionnelle», délaissant ainsi l'objectif premier de transmission de connaissances et de développement de l'esprit critique. On assiste tout d'abord à une rénovation des contenus. Suite à la LRU le
choix des filières et les programmes de licences sont laissés au bon vouloir des entreprises. D'ores et déjà, les UFRs «peu rentables» sont menacées de disparition. La licence est soumise à une modification structurelle :

La première année dite «fondamentale» sera comme la seconde, pluridisciplinaire. L'accent sera mis sur l'apprentissage des langues étrangères et de connaissances techniques liées au monde du travail, au détriment des savoirs fondamentaux. Les entreprises ayant déjà un droit de regard sur l'évolution de l'étudiant, elles pourront l'adapter à leurs projets, et l'amener à se spécialiser dans un domaine où elles pourront faire des bénéfices. La deuxième année de «consolidation» à pour but de formater l'étudiant au monde de l'entreprise, renforçant sa spécialisation en lui enseignant les bases des pratiques salariales. La troisième année de «spécialisation» se termine par un stage non-rémunéré devant être validé pour que la licence soit obtenue.

L'orientation active est le deuxième pilier de ce plan licence. Elle commencera dès le lycée. Les facultés dissuaderont les lycéens les moins «brillants» de poursuivre un cursus universitaire. De plus dès la prérentrée, l'étudiant devra signer un contrat de réussite avec l'université, ce qui permettra de se débarrasser des étudiants jugés les moins prometteurs. La ré-orientation ne sera possible qu'à la fin du premier semestre et de la première année. A tout moment les étudiants en échec pourront se voir rediriger vers les IUT et STS. C'est ainsi que les universités atteindront l'objectif premier de ce plan licence, à savoir, la réduction de 50 % d'échec à la fin du premier cursus : en évacuant les étudiants en difficulté plutôt qu'en les aidant.

V. Pécresse a promis 5 heures de cours supplémentaires par étudiant, qui seront des heures
complémentaires d'enseignement, soit de tutorat rémunéré soit de monitorat, accordées par de jeunes thésards, alors que la tendance générale est à la suppression de postes. Ces heures seront donc assurées par des vacataires sous-payés ou par des enseignants-chercheurs qui verront leurs heures consacrées à la recherche diminuer. Cette réforme tend à ne favoriser que les études courtes, et non la poursuite du cursus

Les lycées : une réforme qui tend à accroitre les inégalités entre les éléves

A la fin de l'année dernière, Darcos a annoncé un projet de réforme du lycée. Officiellement, c'est pour donner plus d'autonomie à l'élève et lui permettre de mieux se préparer à l'université. En fait, c'est le prétexte pour diminuer le budget et les postes au lycée, y faire rentrer le privé et isoler l'élève en réduisant encore le cadre national du bac. Le coeur de la réforme est la suppression des filières (S, ES, L) pour les remplacer par des modules. L'enseignement commun à tous les élèves va diminuer et la plupart des modules seront au choix de l'établissement et de l'élève : ce bac « à la carte » ne sera pas reconnu au même niveau selon les modules choisis et le lycée, il n'aura plus de cadre national. Le choix des modules sera forcément différent d’un lycée à l’autre. Dans les lycées riches, il y aura du théâtre, des arts plastiques, etc. Mais dans les autres, le choix sera plus restreint ou inexistant.
L’objectif est aussi des faire des économies. Darcos se rend compte que le lycée ne peux pas fonctionner avec 80 000 profs en moins : les heures de cours vont diminuer et, en divisant l'année en semestres au lieu des trimestres, on pourra faire appel aux étudiants en IUFM, désormais obligés de faire un stage d'un semestre non payé, pour palier au manque de profs. Le financement va aussi changer. Le financement public sera fixé en fonction « des résultats et des potentialités de chaque lycée et en fonction de l’origine sociale de son public ». C'est un financement au mérite, donc une augmentation des inégalités entre les établissements. Tous
n’auront pas les mêmes moyens, tous n’auront pas la même possibilité d’ouvrir des options. En plus, la réforme indique clairement qu’une partie de l’argent des établissements sera fournie par les ressources liées aux projets des établissements. C’est un encouragement à des partenariats publics/privés pour financer les lycées. Les conséquences, on les connait : un contrôle des entreprises privées sur le contenu même des enseignements.

L'IUFM
: Le point chaud :

Le gouvernement a décidé de réformer dès l'année prochaine les modalités de recrutement et de formation des professeurs des écoles, collèges et lycées.

Dans une logique d'autonomie et de compétitivité des universités le CAPES sera supprimé au profit d'un master d'enseignement. La mise en place précipitée de ce dispositif conduit les UFR à définir un programme contenant de la pédagogie (connaissance du ministère et du rectorat ! ) ainsi que des matières fondamentales sans connaître le contenu du concours qui aura lieu en 2ème année. Ainsi, aléatoirement, la formation correspondra (ou non) aux connaissances exigées. Le but de cette réforme est de permettre aux étudiants qui n'auraient pas obtenu le concours mais ayant validé le master d'effectuer des vacations pour le rectorat. On peut donc s'attendre à une baisse de poste de titulaires aux profits de ceux contractuels entrainant chômage et emplois précaires des nouveaux enseignants. La seconde solution serait de se réorienter dans un autre
master. Mais le niveau en connaissances fondamentales sera insuffisant pour prétendre à une place en master ou doctorat.

L'agrégation ne semble pas touchée mais il suffit de voir la diminution des places au concours cette année pour comprendre que ce n'est qu'une apparence. Dans cette logique de précarisation, le statut de fonctionnaire stagiaire en 2eme année d'IUFM (rémunérée) va être supprimé avec une mise en place de stages d'observation (statut étudiant donc non payés).

Ceci concorde avec les réformes de l'Education nationale visant à supprimer des matières et faire une unique filière pluridisciplinaire dans le but de supprimer des postes et faire des économies aux dépens de l'enseignement et de l'apprentissage des connaissances.

La recherche : un démantèlement réel

Le budget 2009 ou les balivernes du gouvernement Sarkozy : Le gouvernement annonce une hausse de 1800M€ du budget. La simple compensation de l'inflation (2%) nécessite déjà 500M€. De plus 660M€, soit plus d'un tiers de la hausse annoncée, sont alloués à des exonérations fiscales (crédit d'impôts) qui bénéficient aux entreprises privées et non à la recherche publique. Ainsi l'augmentation annoncée est loin de répondre aux besoins réels de l'enseignement supérieur et de la recherche publique, et profite principalement à des entreprises privées qui ne sont pas tenues de rendre des comptes sur l'utilisation des ces fonds.

Casse d’une recherche indépendante et globalement cohérente : Le démantèlement du CNRS
implique une destruction de politiques scientifiques globales et à long terme, au profit d’un financement par les Université et l’ANR (Agence Nationale de la Recherche). Les universités, soumises au désengagement financier de l’état, ne peuvent qu’avoir une politique scientifique locale et liée aux fondations d’entreprises (LRU). L’ANR, sans comité national scientifique, finance des projets à court terme (3 ans !) et est soumise aux critère «sociétaux et économiques » fixés par le gouvernement (disparition des SHS sciences Humaines et sociales).

Précarisation (et à long terme suppression) du statut des enseignants et chercheurs par la création d'emplois contractuels et le non-remplacement des postes. Les nouveaux comités de sélection (LRU), chargés du recrutement, de l’attribution des primes, des modulations de services et de l’évolution des carrières, sont nommés par l’équipe présidentielle de l’université et « approuvé » par un CA fantoche renforçant les mandarinats locaux et impartiaux. Le plan de revalorisation des carrières et des salaires des enseignants et chercheurs se fait à budget constant entraînant un arrêt complet des embauches statutaires de jeunes chercheurs, alors soumis à la contractualisation, véritable menace pour la pérennité des connaissances et des
enseignements. La preuve en sont les suppressions d’emploi prévues pour 2009. V. Pécresse a annoncé la suppression de 900 emplois, majoritairement des catégories C. S’ajoutent le création de nouvelles chaires CNRS-Université mobilisant 2 postes budgétaires au lieu d’un et supprimant donc 130 possibilités de recrutement. Et pour couronner le tout, seuls 300 emplois de chercheur CNRS seront ouverts en 2009 au lieu de 401 l’an dernier!

Le démantèlement du CROUS et du CNOUS : Les boursiers sont sacrifiés...

Depuis de nombreuses années, les bourses sont nettement insuffisantes par rapport à l’augmentation des prix. Loin d’être uniquement due à la crise financière actuelle, cette tendance tend à accroitre les inégalités. Les bourses ne permettent pas d’assurer l’autonomie financière des étudiants, le plus haut échelon de bourse ne dépassant pas les 450 euros par mois.

A chaque rentrée universitaire, les étudiants doivent faire face à l’accroissement du prix des tickets de RU qui représente plus de 50 % en 10 ans. Or, l’Etat qui assurait la moitié du financement de ces structures, ne prend plus en charge que 40 %, le reste demeurant à la charge de l'étudiant. Par ailleurs, seulement 7 % d’entre eux bénéficient d’un logement dans une résidence universitaire. Il manque plus de 2000 places sur la seule ville de Bordeaux. La rénovation et la construction de nouveaux logements annoncées ne permettent que le remplacement des chambres les plus insalubres ou en cours de désamiantage. Et celles-ci s’accompagnent systématiquement d’une hausse scandaleuse des loyers à la charge des étudiants boursiers. Cette année, pour une chambre rénovée, le prix est de 204 euros, la proposition de révision des budgets au conseil d’administration du Crous tend à le faire augmenter jusqu’à 257 euros. Enfin, derrière l’effet d’annonce d’une augmentation de 10 % des étudiants bénéficiant d’une bourse pour la rentrée 2008, se cache une toute autre réalité : nombre d’entre eux ont vu le montant de leurs bourses réduit ou n’en bénéficieront plus. Ainsi, 3
critères d’attribution ont été purement supprimés cette année : le fait d’être dépendant d’un parent isolé, d’avoir un enfant à charge, ainsi que le handicap.

En septembre, la ministre Valérie Pécresse prend en compte un nouveau rapport ayant pour but la réforme du Cnous-Crous, le plan Lambert. Ce rapport transformerait le réseau des Crous en AVE (Agences de la Vie Etudiante) et l’instance nationale Cnous en ANVE (Agence Nationale de la Vie Etudiante). « Toutes ces préconisations s’inscrivent dans la logique de la LRU », le principe est de renforcer directement l’indépendance de chaque agence régionale, qui donne à l’ANVE, un simple rôle de « coordination, de pilotage et d’observation des conditions de vie étudiante » et consolide les inégalités entre les différentes agences régionales. Un plan quadriennal d’objectifs et de moyens s’appuierait sur les projets de chaque agence. Cette autonomie relative renforce l’écart de dotation et de moyens de chacune des agences. C’est, à terme, chaque étudiant qui devra supporter ces disparités de revenus d’une région à l’autre.

Le plan Lambert prévoit : le transfert aux AVE de la gestion des bourses, « l’ensemble des aides, quelles que soient les filières d’étude, la nature des aides et le ministère de rattachement », la « maitrise de leur masse salariale », c'est-à-dire la gestion de l’emploi de ses personnels, et favoriser le « recrutement de contractuels plus largement ». Tout cela accentue la précarisation déjà amorcée des travailleurs des structures du Crous actuel.

L'opération campus : comment accentuer des inégalités.

Le comité d’évaluation de l’Opération Campus, voulue par Sarkozy pour renforcer l’attractivité et la visibilité internationale des universités, s’est réuni le 28 mai pour examiner l’ensemble
des 46 dossiers déposés. Les critères requis pour obtenir la validation du ministère sont : l'ambition scientifique et pédagogique du projet, l'urgence de la situation immobilière, le développement d’une vie de campus et le caractère structurant pour un territoire. Ces projets impliqueront 19 universités (sur plus de 80), 17 écoles et tous les principaux organismes de recherche. Ils sont répartis dans 5 régions et concerneront 340 000 étudiants (sur plus de 2 millions) et 13 000 chercheurs.

Le projet du PRES de Bordeaux (Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur associant les 4
universités bordelaises, 3 écoles d'ingénieurs (ENSEIRB, ENSCPB, ENITAB) et Sciences Po) a été l'un des 10 retenus. Les filières concernées sont regroupées dans trois grands départements : biologie santé, sciences dures et sciences humaines et sociales.

Ce projet présente la future organisation des formations au sein de ces départements : un programme court (niveau licence/DUT) pour une insertion professionnelle immédiate et un programme long (niveau master/doctorat) structuré en 7 collèges universitaires (Sciences et Technologies, Biologie-Santé, Sciences humaines, Sciences sociales, Droit, économie et gestion, Sciences de l’éducation, Sciences de l’ingénieur) pour une insertion dans la recherche "appliquée" aux besoins des entreprises.

Le futur "campus star" se trouvera sur le périmètre Talence-Pessac-Gradignan. Les locaux vont être réhabilités et construits dans le cadre d'un partenariat public/privé (à terme l'université va payer un loyer aux entreprises qui ont financé la construction de ses locaux tout neufs). Le budget s'élève à 538 millions d'euros.

Le rapprochement public/privé entre l'université de Bordeaux et les entreprises de la région a été un un préalable à la mise en place du projet. Le dossier a été monté en collaboration et avec le soutien du MEDEF, de l'UIMM, du Comité Régional des Banques d'Aquitaine, de la Chambre de commerce et d'Industrie de Bordeaux, des Pôles de compétitivité d'Aquitaine... qui soulignent tous la rentabilité du projet tant au niveau des ressources humaines que du développement économique pour les entreprises de la région.

Ce projet ne dit pas un mot des conséquences sur le contenu des enseignements, la précarisation des personnels de l'université, la disparition des filières non rentables... Normal : l'objectif n'est pas d'offrir aux étudiants un enseignement basé sur la transmission du savoir, l'émancipation de l'individu par l'accès à la connaissance ni d'offrir à ses personnels de meilleures conditions de travail, mais bien de rentabiliser les "offres de formation", de qualifier de la main-d'oeuvre et d'être compétitif au niveau européen et international.

Le processus de Bologne


En mars 2000 un conseil européen extraordinaire se réunit à Lisbonne et définit un agenda de mise en place des réformes pour renforcer la compétitivité

des économies européennes en s’efforçant de promouvoir une stratégie équilibrée entre les différents Etats. La stratégie de Lisbonne vise à remédier à la fragmentation du marché intérieur, elle est divisée en processus, chaque processus correspond à un champ particulier.
Le processus de Bologne s'attaque à l'enseignement. Son but? Faire de l’UE « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». En clair: réorganiser les universités européennes selon une logique de marché. L’objectif affiché est de rentabiliser l’investissement dans l’enseignement supérieur. Ce processus repose sur trois piliers : 1-une plus grande autonomie des universités : les facs sont encouragées à lier des partenariat locaux avec le privé, à flexibiliser leur enseignement en fonction du marché du travail, à gérer leur personnel selon des méthodes concurrentielles. Bref, une université faite par et pour le patronat. 2-Un assouplissement des règlementations nationales pour faciliter les réformes : casse du cadrenational des diplômes (ECTS), désengagement financier de l’État compensé par le privé (LRU), fin du lycée comme tremplin vers la fac (projet Darcos)… toutes ces lois ne sont que l’application de la logique de Lisbonne. 3-Un soutien financier européen: les fonds structurels et la Banque Européenne d’Investissement financent le projet, notamment les programmes de coopération entre l’université et l’industrie. L’argent va aux universités qui se mettent le plus au service des patrons.

La tactique du gouvernement de partitionner les réformes, de passer des lois dans la plus grande
discrétion et de réprimer toute contestation lui permet de réformer à coups de hache dans tous les
secteurs. L'éducation n'est pas la seule victime : tous les services publics sont privatisés, ouverts à la
concurrence, ce qui entraîne pour les salariés une dégradation des conditions de travail, une baisse
conséquente des salaires et la disparition du droit du travail. Les usagers, devenus clients subissent
eux l'augmentation du prix des services et la dégradation de la qualité de ces services.

FACE A UNE POLITIQUE DE PRECARISATION ET DE CASSE SOCIALE
NOTRE REPONSE SE DOIT D'ETRE UNITAIRE
NI CAPITULATION, NI DEFAITISME, CONSTRUISONS L'OFFENSIVE !

31/01/2008

texte de J.P.ABRIBAT (sociologue)

Voici un petit texte écrit par Jean-Paul ABRIBAT, maître de conférence en sociologie et psychanalyste sur la loi Pécresse. La pertinence de l'article n'est pas à nier, et la mise en exergue de la notion d'autonomie prend tout son sens.
Voici l'article :

"J'ai enseigné dans le département de sociologie de Bordeaux II de 1960 à 1999 et à ce titre j'apporte mon soutien plein et entier aux luttes actuelles des étudiants et aux diverses formes qu'elles peuvent prendre sans réserve.

Depuis 68 nous savons qu'il y a une vraie et fausse autonomie des universités.

La fausse est inégalitaire, vise à mettre les Universités au service du capital, organise l'élitisme, la sélection, la pénurie pour de nombreux étudiants car pour le capital il y a toujours trop d'hommes, trop de femmes qui veulent s'instruire, se former librement, accomplir leur vocation et leur vie à leur guise, cela parce qu'il ne vise qu'une chose : le profit, la rétribution des dividendes et l'enrichissement des plus riches.

La politique de Sarkozy se parant avec hypocrisie de la réforme et de la nouveauté, le fait de façon arrogante et archaïque, en parachevant le cynisme du prétendu "néolibéralisme".

La vai autonomie, celle dont nous révions en 68 est égalitaire, anti-hierarchique, eh oui Messieurs, les Présidents des Universités, elle est celle de la vie d'un collectif étudiants, enseignants, "tout le personnel des Universités" se formant, apprenant, créant ensemble. Il a existé un instant, un très court instant, dans les assemblées tripartites et les commisions en 68.

La vrai autonomie et celle de la démocratie la plus large qui choisit, comme elle l'entend, comme elle en décide, de s'articuler librement à la vie économique, sociale, politique d'un pays, d'un ensemble régional, européen, mondial.

Utopie diront-ils....Mais bien sûr!
Celle de la vie, de l'accomplissement des vocations, de la joie d'apprendre, de se former, de créer.

Il y aura des retombées mais la lutte continue! L'utopie vaincra.

"La révolution est la fête des opprimés et des exploités" "

Jean Paul Abribat,
Maître de conférence de sociologie,
Psychanalyste

Qui a dit que nous n'avons pas été soutenu par le corps enseignant durant la lutte contre la LRU??

Pour information, J.P.ABRIBAT organisera une conférence Le Samedi 5 Mars à 18h30-19h30, en faveur de l'espace Marx. Plus d'informations sur ce lien :
http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/article.php3?id_article=15

Petit plus : mail de J.P.ABRIBAT : jp.abribat@wanadoo.fr